Norwatch: Gearbulk continue ses transports non éthiques
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Trois compagnies maritimes norvégiennes se sont excusées et ont arrêté leurs opérations dans le Sahara Occidental occupé. Cependant, la compagnie Gearbulk, possession d'intérêts de Bergen continue les transports controversés. La semaine prochaine, un autre vaisseau Gearbulk doit arriver dans un port de la Nouvelle-Zélande chargé de phosphate. Le Comité de Soutien Norvégien pour le Sahara Occidental soutient que la population Sahraouie a subi une perte financière s'élevant à 200 millions d'USD, à la suite des chargements de cette seule compagnie maritime.
Mis à jour le: 16.06 - 2008 23:08Imprimez cette page    
Par Erik Hagen
Norwatch, 12 Juin 2008
L’original en Norvégien ici.

Au printemps 2007 Norwatch a révélé que la compagnie maritime Gearbulk, partiellement possédée par des intérêts à Bergen, Norvège est impliqué dans le transport de roche de phosphate du Sahara Occidental à la Nouvelle-Zélande. Norwatch pouvait aussi montrer des photos et des vidéos de l'arrivée du navire dans la nation du Pacifique.

Pendant que d'autres compagnies maritimes norvégiennes affiliées, amènent leurs engagements au Sahara Occidental à une fin, Gearbulk continue dans les mêmes eaux qu'auparavant. Probablement, la compagnie sort-elle annuellement deux chargements du pays occupé.

Selon le Comité de Soutien Norvégien pour le Sahara Occidental, ces transports peuvent avoir représenté un total s'élevant à environ 200 millions d'USD pour le peuple Sahraoui. Ce commerce donne au pouvoir occupant le Sahara Occidental un revenu de millions de dollars. Le commerce viole le droit international et est aussi en contradiction avec le conseil explicitement publié par le Ministère des Affaires étrangères norvégien.

Norwatch a demandé au Comité de Soutien de clarifier en quoi cet armateur particulier devrait être tenu de rembourser les millions que les Sahraouis ont perdus dans le commerce du phosphate.

« L'importateur de la Nouvelle-Zélande et la compagnie de phosphate possédée par le gouvernement marocain récoltent évidemment le plus grand profit de ce commerce », a dit le président du Comité de Soutien, M. Ronny Hansen.

« Ainsi, un pré-requis au commerce a été une participation active du Gearbulk. En principe, l'intermédiaire est aussi coupable que le voleur », a dit M. Hansen à Norwatch.

« Même si Gearbulk ne réussit pas à persuader ses partenaires commerciaux de se joindre à elle dans le remboursement des millions, la compagnie maritime devrait avoir au moins la décence de rendre aux Sahraouis le résultat net gagné », a souligné M. Hansen pour Norwatch.

Il souligne en outre que le Haut-commissaire de l'ONU pour les Réfugiés fait régulièrement appel à la communauté internationale pour qu’elle augmente l'aide aux réfugiés Sahraouis en Algérie.

Compagnie silencieuse
M. Kristian Jebsen, le président de Gearbulk, ne veut faire aucun commentaire concernant le niveau d’implication de la compagnie. Il ne veut pas dire combien de voyages ont été faits depuis le Sahara Occidental, combien de tonnes de phosphate ont été transportées, quand les chargements ont commencé ni quand le contrat de livraison en Nouvelle-Zélande expirera.

Ainsi, Gearbulk a une approche différente des autres compagnies maritimes norvégiennes qui ont été impliquées dans ce commerce. Les autres compagnies qui ont été attrapées en flagrant délit depuis le novembre de 2007, ne sont plus actives et ont regretté leur participation. Les compagnies maritimes en question sont Arnesen Shipbrokers de Farsund, R-Bulk de Bergen et finalement, Jinhui Shipping qui est cotée à la Bourse d'Oslo.

Gearbulk ne veut pas donner d’opinion quant au comportement des trois compagnies maritimes qui ont exprimé le regret de leur implication au Sahara Occidental. La compagnie ne veut pas non plus faire d’observation sur la demande du comité de soutien que les Sahraouis reçoivent une compensation pour les pertes subies à la suite du transport de phosphate.

Président Jebsen dit qu'il ne veut pas répondre aux questions relatives aux affaires ou à la politique. « C’est une affaire de principe nous ne voulons pas faire des commentaires sur ces types de questions », a-t-il exposé dans une déclaration écrite adressée à Norwatch.

“Pas recommandé, mais pas interdit”
« Nous pouvons confirmer que Simge Aksoy est affrété par Gearbulk et que le vaisseau est sur la route du Maroc à la Nouvelle-Zélande » a écrit M. Jebsen à Norwatch.

Ainsi, il a qualifié le territoire occupé comme Marocain.

« Naturellement, Gearbulk est très conscient que notre activité doit être conduite en plein accord avec les lois et règlements applicables, qui est ici le cas. Le Ministère des Affaires étrangères britannique a exprimé que le commerce avec les autorités occupantes dans le Sahara Occidental n'est pas recommandé. D'autre part il n'y a aucune restriction juridique destinée à limiter un tel commerce. Pour le bon ordre des choses, je voudrais vous rappeler que notre rôle dans ce cas spécifique est confiné à la réalisation d’un transport de la part de notre affréteur en Nouvelle-Zélande », a écrit M. Jebsen à Norwatch.

« Il n'est pas naturel de consulter les autorités norvégiennes pour des sujets dans lesquels la Norvège n'est pas directement impliquée, pour une compagnie étrangère avec affaires internationales, comme Gearbulk », écrit M. Jebsen.

Le Comité de Soutien fait allusion à un incident de 2007, quand Gearbulk a reconnu que le commerce du Sahara Occidental n'était pas louable, et signifie que Gearbulk, en continuant ses activités, montre le manque de responsabilité sociale de l'entreprise.

« Notre expérience des autres compagnies maritimes norvégiennes est qu'elles se retirent quand elles réalisent l’ensemble du conflit. Il est tout à fait frappant donc que M. Jebsen fasse l'opposé, qu'il continue le transport malgré l'admission explicite de sa collaboration avec un occupant, alors qu'une telle coopération est déconseillée par les autorités britanniques aussi bien que norvégiennes. Un tel cynisme est rare dans ce domaine de discussion de la responsabilité sociale d'entreprise » a expliqué Hansen à Norwatch.

Photo: www.hasenpusch-photo.de/Michael Brakhage
Traduit en français par Western Sahara Resource Watch.

    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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