SCMP : Une affaire de devoir social et de fertilisant
scmp_10aug2008_610.jpg

Une compagnie de Hong-Kong est liée à la brutale exploitation du Sahara Occidental par le Maroc. South China Morning Post, le 10 août 2008.
Mis à jour le: 12.08 - 2008 13:09Imprimez cette page    
South China Morning Post
Par Ivan Broadhead
10 août 2008

Le gouvernement en exil du Sahara Occidental a fait la semaine dernière, le geste inhabituel de prévenir la Hong Kong's Pacific Basin Shipping qu’il se réservait le droit d'utiliser "tous les moyens" pour défendre sa souveraineté et protéger les intérêts de sa population. La déclaration a été faite quand un des vaisseaux de la société maritimes a jeté l'ancre à Hobart pour délivrer un chargement de roche de phosphate provenant des mines Boucraa au Sahara Occidental au fabricant de fertilisant australien Impact.

Boucraa, siège de la plus grande réserve de phosphate du monde, a été saisi avec le reste du Sahara Occidental en 1975 quand le Roi Hassan II a ordonné aux troupes marocaines d'envahir l'ancienne colonie espagnole.

L'annexion, rejointe par la Mauritanie au sud, a été largement condamnée, mais a eu lieu malgré une décision de la Cour Internationale de Justice rejetant toute réclamation historique de souveraineté mauritanienne et marocaine sur le territoire.

La guerre s'est poursuivie jusqu'en 1981 quand, les coûts et les pertes humaines marocains augmentant, Rabat a commencé à construire un mur de 2700km, ceinture de sable, à travers le Sahara. Le mur continue de confiner le Front Polisario - le mouvement de libération sahraoui (Sahara Occidental) - à un ruban de territoire le long des frontières mauritanienne et algériennes.

Malgré le grand nombre de résolutions passées par l’Assemblée Générale de l'ONU appelant à une autodétermination sahraouie, "le Sahara Occidental [reste] la dernière grande situation de décolonisation à l'ordre du jour international," selon Suzannah Linton, un professeur spécialisé dans les droits de l'homme à l'Université de Hong-Kong.

Les mines de Boucraa sont exploitées par l’ Office Chérifien des Phosphates Marocain (OCP), une société publique et le plus grand producteur de phosphate du monde. "Ils pillent la richesse de notre terre," a dit Mohamed Abdelaziz, le président du gouvernement sahraoui en exil et secrétaire général de Polisario, dimanche matin au Sunday Morning Post depuis son quartier général en Algérie.

"Pacific Basin Shipping et d'autres compagnies qui participent à l'exploration et à l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental devraient montrer un peu d'honneur et de respect, et cesser d'agir comme des complices des entreprises illégales du gouvernement marocain."

Avec peut-être 200 000 personnes de sa population vivant dans des camps de réfugiés en Algérie 33 ans après avoir fui les avions de combat et le napalm de l'armée marocaine, et le reste pris au piège à l'intérieur du territoire occupé dans un état policier virtuel, les demandes de M. Abdelaziz à une responsabilité sociale d'entreprise semblent raisonnables.

Les déclarations de CSR de la Pacific Basin déclare : "le groupe reconnaît sa position comme un membre responsable de la communauté tant à Hong-Kong que dans les villes et ports où la Pacific Basin effectue son activité mondiale."

Tandis que la société ne semble pas être en contrat direct avec OCP, le soupçon que les ainés de la direction en relation avec les entreprises d’engrais Australienne et Néo-zelandaise soutiennent un régime marocain qui a alternativement été décrit comme "brutal" et "répressif" cause l'embarras des membres bien connus de la communauté d'affaire locale qui siègent au conseil du Pacific Basin - le président David Turnbull, l'ancien patron du Cathay Pacific Airways; le Directeur général Richard Hext, un ancien directeur de John Swire and Sons; et l'administrateur non exécutif Simon Lee Kwok-yin, président du Sun Hing Group.

D'abord approché il y a six semaines pour discuter des cargaisons de la société sortant du Sahara Occidental, le directeur financier Andrew Broomhead a insisté : "ce n'est pas un pays avec lequel nous traitons."

Quand il a été indiqué que les autorités portuaires de la Nouvelle Zélande avaient enregistré l'arrivée du Pacific Victory, cargo de 52 000 tonnes de la compagnie avec sa cargaison de phosphate du Sahara Occidental juste les jours auparavant, M. Broomhead a émis un "sans commentaire" irrité, et ajouté "je ne connaissais pas de tels détails."

Dans sa seule déclaration sur ce point, le directeur général adjoint Klaus Nyborg a reconnu que le Pacific Victory avait passé par Laayoune, la capitale du Sahara Occidental et le port le plus proche des mines de Boucraa : "le Pacific Basin fonctionne en stricte conformité avec lois internationales et respecte entièrement les termes des règlements de Nations Unies par rapport au Sahara Occidental."

Cette affirmation est absolument correcte. Un rapport de 2002 par Hans Corell, Secrétaire général adjoint aux affaires juridiques de L'ONU, a indiqué que c'était l'exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara Occidental qui était illégale, quand une telle action échouait à apporter du profit aux intérêts sahraouis. Le transport par le Pacific Basin de ces ressources hors du territoire ne viole pas de la loi.

"Ce n'est pas une situation tel que les diamants de sang," a dit le Professeur Linton. "Il n'y a aucune sanction de L'ONU envers le commerce avec le Maroc par rapport au Sahara Occidental. [Cependant] comme avocat international, je conseillerais aux sociétés de Hong-Kong de ne pas traiter avec des ressources venant du Sahara Occidental occupé »

"La responsabilité sociale d'entreprise joue un rôle de plus en plus important en affectant la conduite des entreprises et il y a augmentation de litige contre [ceux] engagés dans les transactions auxquelles sont liées à des atteintes aux droits de l'homme."

Le plus important, soutient le Professeur Linton, est de s’assurer que le gouvernement de Hong-Kong est prêt pour le Comité de Droits de l'homme de L'ONU à scruter les transactions des sociétés locales avec les ressources naturelles du Sahara Occidental occupé lors du prochain examen périodique.

Un tel examen pourrait survenir puisque, sans aucune loi pour réguler le comportement de ses sociétés dans le respect des échanges avec le Maroc à travers le territoire occupé, Hong-Kong ne semble pas se conformer à ses obligations quant à la Pacte international relatif aux droits civils et politiques et d'autres traités dont il est signataire, à respecter le droit sahraoui à l'autodétermination.

Le gouvernement pourrait apprendre de la Norvège, du Danemark et de la Suède. En juin 2005, le fonds de pension gouvernemental norvégien a vendu pour presque 100 millions de $US de participation dans Kerr-McGee pour montrer sa désapprobation avec la compagnie d’énergie américaine dans l'exploration pétrolière des territoires occupés.

Recherché dans l'Océan ID, le bateau que le Pacific Basin a utilisé pour le voyage de la semaine dernière du Sahara Occidental à Hobart, a révélé que le navire appartient à un consortium danois nommé K/S Danskib 54, formé par une société nommée Investeringsgruppen Danmark (ID) et financé par Nordea Bank Danmark.

Après entendant parler de l'avertissement du Polisario au Pacific Basin, ID n’était pas disposé à faire des remarques sur les préoccupations que les propriétaires du bateau et les assureurs pourraient avoir quant à l'utilisation appropriée du navire qu'il avait loué à la société de Hong-Kong.

Cependant, le mois dernier le gouvernement danois a publié les conseils suivants sur des transactions commerciales impliquant le Sahara Occidental : "bien que les principes de loi internationale et des droits de l'homme ne soient pas en général engagés directement pour les sociétés danoises, le ministère encourage les sociétés danoises à être conscientes à tout moment de leurs responsabilités internationales."

Dans la lumière de cette déclaration, il semble raisonnable d'attendre qu'ID exige des normes commerciales semblables pour Pacific Basin.

Cependant, la tentation de négocier avec le Maroc pour le phosphate du Sahara Occidental augmente. Traité en engrais superphosphate, il peut améliorer des rendements de récolte de 50 pour cent. Comme les demandes alimentaires s’envolent, la demande de phosphate aussi.

Dana Cordell, à Sydney University of Technology's Institute for Sustainable Futures (l'Université de Sydney de l'Institut de Technologie pour des Avenirs Durables), estime que viendra le temps, peut-être dans les 30 ans suivants, ou la production de phosphate maximale sera atteinte - et ensuite le monde fera face à la perspective de la chute de la production agricole.

Les prix de phosphate ont augmenté de plus de 700 pour cent dans les 18 derniers mois, à 400$ US la tonne et peuvent monter plus haut. People's Daily rapporte que, face aux catastrophes naturelles récentes et préoccupé par la récolte de l'année prochaine, Beijing, pour protéger des provisions de phosphate des demandes étrangères, a augmenté les droits d'exportation de 135 pour cent en mai.

Le Maroc, lieu des plus grandes réserves du monde après la Chine, semble parfaitement assuré de tirer profit du déficit. Les profits de l'OCP prospèrent et la production peut grimper dans les mines incluant Boucraa.

Cette perspective irrite Kamal Fadal, le représentant de Polisario en Australie. "Telles quelles," a-t-il dit, "les réserves de Boucraa pourraient seulement durer 30 ans encore. La génération prochaine de Sahraouis sera privée des ressources pour soutenir leur avenir."

M. Abdelaziz, entre temps, est contraint de faire une réclamation finale, un appel immédiat au bon sens de sociétés comme Pacific Basin.

"Le peuple Sahraoui doit défendre ses droits légitimes," a-t-il dit. "Pendant 17 ans nous l'avons fait dans la paix, par la résistance passive. Mais en réalisant des profits de notre détresse vous avilissez le sacrifice du Sahraoui. Si nous ne pouvons pas réaliser nos buts paisiblement, vos actions nous contraignent de considérer d'autres moyens ... incluant la guerre. Pour tout notre amour, renoncez s'il vous plaît à ce commerce."

    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

Soutenez Western Sahara Resource Watch

tn_sjovik_demo_610.jpg

Aidez-nous à protéger les ressources naturelles du Sahara Occidental pour le peuple sahraoui. Soutenez notre action en faisant un don.
Agissez pour les 25 de Gdeim Izik !

tn_court_photo_gdeim_izik_610.jpg

Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

tn_poweringplunder_fr_610.jpg

Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

Si'il vous plaît inscrivez pour recevoir la newsletter:





WSRW.org Archives 2017
WSRW.org Archives 2016
WSRW.org Archives 2015
WSRW.org Archives 2014
WSRW.org Archives 2013
WSRW.org Archives 2012
WSRW.org Archives 2011
WSRW.org Archives 2010
WSRW.org Archives 2009
WSRW.org Archives 2008
WSRW.org Archives 2007
WSRW.org Archives 2004-2006






Ces pages web ont été construites avec le soutien financier du syndicat norvégien Industri Energi