Lettre ouverte à Island Oil & Gas
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Le 24 décembre 2008, le contrat de reconnaissance pétrolière détenu par la compagnie irlandaise Island Oil & Gas pour l’exploitation pétrolière au Sahara Occidental a expiré. Ce jour, WSRW a envoyé à la compagnie une lettre lui demandant de ne pas renouveler son engagement.
Mis à jour le: 13.01 - 2009 21:00Imprimez cette page    
Paul Griffiths
PDG de Island Oil & Gas

Melbourne, 24 Décembre 2008

Lettre ouverte à Island Oil & Gas

Cher Paul Griffiths,

Nous demandons instamment à votre compagnie de bien vouloir reconsidérer votre affaire non éthique au Sahara Occidental occupé.

Le jour suivant votre annonce de la signature avec le Maroc d’un agrément de reconnaissance pétrolière au Sahara Occidental occupé, le 13 décembre 2006, WSRW vous avait envoyé une lettre enjoignant votre compagnie à mettre fin immédiatement à cet agrément, et demandant une rencontre à Dublin.
http://www.wsrw.org/index.php?parse_news=single&cat=111&art=1025

Nous voudrions vous rappeler que nous n’avons toujours pas reçu de réponse à cette lettre.

Nous relevons d’autre part qu’aujourd’hui, deux ans plus tard, il semble que votre compagnie n’ait rien fait pour rechercher la permission ou l’acceptation du peuple sahraoui. Vos activités semblent être uniquement en coordination avec la compagnie pétrolière marocaine d’état ONHYM, ou avec le gouvernement marocain.

Nous voudrions ainsi vous rappeler que le Sahara Occidental n’est pas une partie du Maroc, et le Maroc n’a aucun droit de prolonger de telles licences avec des compagnies étrangères. Le droit des peuples à l’autodétermination inclut, entre autres, le droit de souveraineté permanente sur ses ressources naturelles. La souveraineté permanente sur les ressources naturelles est un principe coutumier du droit international.

Quant à la légalité de votre accord, nous voudrions vous recommander de lire la présentation de l’ancien vice secrétaire général aux affaires légales de l’ONU, Hans Corell, lors de la conférence Multilatéralisme et Droit International avec le Sahara Occidental comme étude de cas, tenue par l’Université de Pretoria et le Ministère Sudafricain des Affaires Etrangères, le 5 septembre 2008 :
http://www.havc.se/res/SelectedMaterial/20081205pretoriawesternsahara1.pdf.

Sa conclusion est limpide. L’exploration et l’ exploitation pétrolière au Sahara Occidental est une violation du droit international, si le peuple sahraoui n’a pas été consulté.

Cette position est aussi partagée par le gouvernement irlandais. Voir la déclaration du ministre des affaires étrangères le 1er mai 2008 ici (en anglais):
http://www.wsrw.org/index.php?cat=106&art=775

Sur cette base, WSRW promet que si jamais Island Oil & Gas décide d’avancer dans les étapes de l’exploration ou de l’exploitation pétrolière au Sahara Occidental, nous ferons notre possible pour nous assurer que vos activités soient avérées par un organe juridique approprié.

Mais comme nous l’avons souligné auparavant, votre agrément au Sahara Occidental est avant tout une affaire d’éthique. Travailler pour un pouvoir d’occupation brutal dans un pays occupé, au mépris des vœux du peuple oppressé est hautement amoral.

Pour des informations sur les violations des droits de l’homme perpétrées dans la ville de Smara, où est situé l’immeuble de Island Oil and Gas, lisez s’il vous plait le rapport de 216 pages publié par Human Rights Watch le 19 décembre 2008. (en anglais)
http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/wsahara1208web.pdf

Le rapport contient des témoignages de jeunes Sahraouis de la ville de Smara qui ont été retenus par la police, « conduits dans un endroit isolé, et alors battus sous une forme de « punition sommaire » pour leur participation supposée aux protestations publiques en faveur de l’autodétermination sahraouie »

La semaine dernière encore, le 17 décembre, une fillette de 9 ans, Lalou Cheikh Bel Limam, qui vit aussi dans l’immeuble de Island Oil and Gas, a été prise à son domicile et interrogée pendant 10 jours. À sa libération, elle portait des traces de coups sur le corps.

Ces incidents sont courants à Smara, sur ce terrain même où vous projetez de chercher du pétrole.

Mas ce ne sont pas là des violations rencontrées dans beaucoup d’autres pays. Elles sont commises par un pouvoir d’occupation illégale dans un pays occupé. Parmi tous, nous voudrions croire que le peuple irlandais comprend ce qu’occupation et autodétermination veulent dire. Votre compagnie travaille avec un gouvernement étranger qui opprime le peuple du pays voisin. Cela est contraire à n’importe quelle sorte d’élémentaire responsabilité sociale d’entreprise.

Aujourd’hui, le 24 décembre 2008, l’extension d’un an de votre contrat se termine. http://www.islandoilandgas.com/default.asp?docId=12442&newsItem=12858

Par respect pour le peuple sahraoui, pour les centaines de milliers de réfugiés, et pour les familles de 512 sahraouis qui ont disparu de la surface de la terre depuis le début de l’occupation : s’il vous plait reconsidérez ce que vous faites.

S’il vous plait ne renouvelez pas votre engagement au Sahara Occidental occupé.

Puissiez-vous avoir un Noël de paix.

Sincères salutations,

Cate Lewis
Coordinatrice Internationale
Western Sahara Resource Watch

    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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