Lettre de WSRW à Island Oil and Gas, 2006.
Envoyée le 13 décembre 2006, le jour suivant l’annonce par Island Oil & Gas de sa contractualisation avec les autorités marocaines en pays occupé au Sahara Occidental.
Mis à jour le: 14.01 - 2009 22:28Imprimez cette page    
Lettre ouverte à Island Oil & Gas plc

13 Décembre 2006

Objet : l’implication de l’Island Oil & Gas au Sahara Occidental occupé

Messieurs,

Par la publication hier d’un communiqué de presse dans vos pages d’accueil, nous avons appris que Island Oil & Gas ainsi que deux de ces associés avaient signé un contrat de reconnaissance avec la compagnie pétrolière marocaine d’état ONHYM. La zone pour laquelle vous avez signé un accord couvre une partie du territoire national du Sahara Occidental, occupé par le Maroc.

Western Sahara Resource Watch – un réseau international composé d’organisations de 30 pays- veut par ce courrier dénoncer fortement cet accord et souhaite attirer votre attention sur les très sérieuses implications politiques et éthiques de cet accord, aussi bien que son discrédit des Droits de l’Homme et du Droit International.

Morocco is an illegal occupying power in Western Sahara. This has been established by The International Court of Justice in The Hague in 1975, numerous resolutions of The United Nations Security Council and General Assembly and by the UN Under-Secretary General of Legal Affairs, Mr. Hans Corell (www.arso.org/Olaeng.pdf) in his letter to the President of the Security Council on 29 January 2002. The occupation of Western Sahara has resulted in enormous suffering and deprivation of the Saharawi people, the rightful owners of the land and the natural resources of Western Sahara. Approximately 165.000 Saharawis are languishing in refugee camps in the inhospitable Algerian desert since 1975. The Saharawi population remaining in areas under Moroccan occupation is subjected to grave human rights violations, such as torture, forced disappearances and arbitrary detention. Most importantly, however, they have not been allowed to freely exercise their right to self-determination through a free, fair and transparent referendum. This right was established through UN General Assembly resolution 1514 (XV) (1960).

Le Maroc est la puissance d’occupation illégale au Sahara Occidental. Ceci a été avéré par la Cour International de Justice de la Haye en 1975, de nombreuses résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale de l’ONU et par le vice secrétaire général aux affaires légales, Hans Corell (www.arso.org/Olaeng.pdf) dans sa lettre au président du conseil de sécurité le 29 janvier 2002. L’occupation du Sahara Occidental a entraîné d’énormes souffrances et privations pour le peuple sahraoui, propriétaires légitimes des terres et ressources minérales du Sahara Occidental. Environ 165.000 Sahraouis languissent dans des camps de réfugiés dans l’inhospitalier désert algérien depuis 1975.

La population sahraouie restée dans les régions sous occupation marocaine sont soumis à des graves violations de leurs droits humains, comme la torture, les disparitions forcées et détentions arbitraires. Plus important encore, il ne leur est pas permis d’exercer librement leur droit à l’autodétermination à travers un referendum libre, équitable et transparent. Ce droit a été établi par la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée Générale de l’ONU (1960).

Western Sahara Resource Watch est informé que votre compagnie n’a pas consulté le peuple sahraoui ou ses représentants internationalement reconnus, le Front Polisario. Il est donc fortement douteux qu’un tel contrat puisse être considéré comme conforme au droit international, en référence à l’avis de Correl du 29 janvier 2002.

Selon nous, les implications politiques et éthiques sont pourtant plus importantes que celles juridiques. Voyez s’il vous plait le Ministère Norvégien des Finances pour un avis détaillé sur le sujet :
http://odin.dep.no/fin/english/topics/pension_fund/p10002777/pressreleases/006071-070639/ dok-bn.html et http://odin.dep.no/fin/english/topics/pension_fund/p10002777/screening/recommendations/006071-110246/dok-bn.html

Island Oil & Gas collabore avec un occupant illégal, et par là augmente le risque d’un conflit armé, la déstabilisation et la souffrance de la région entière. Cette tension accrue sape dans les faits le dur travail de l’ONU pour la résolution du conflit au Sahara Occidental durant les 15 dernières années.

La coopération de Island avec le gouvernement marocain dans le secteur occupé prête clairement de la légitimité à l’illégale occupation marocaine du Sahara Occidental. C’est encore plus clair dans la référence de Island à la zone d’exploration « marocaine », en dépit du fait qu’aucun pays ne reconnaît le territoire comme partie du Maroc.

De plus la zone dans laquelle votre société a choisi pour mener ses opérations est fortement militarisée. La superficie de la région est située en contiguïté du mur que les forces marocaines ont construit dans les années 80, divisant le pays en deux parties. Le secteur est connu pour contenir la plus forte densité au monde de mines terrestres, et des dizaines de milliers de soldats marocains patrouillent dans le secteur.

La licence semble aussi couvrir des secteurs aux alentours de Smara, une ville qui a vu des heurts répétés entre la police marocaine et les civils Sahraouis, aussi bien que de sérieuses violations des droits de l'homme commises par les forces marocaines contre les Sahraouis indigènes.
Pour les violations de droits de l'homme à Smara, voyez par exemple le rapport de cet été de l’organisation des droits de l'homme Front Line (www.frontlinedefenders.org/news/2913), le rapport du Secrétaire général de L'ONU sur la Situation Concernant le Sahara Occidental, le 12 avril 2006 (www.arso.org/SGrep2006epdf) et la déclaration d'Amnesty International, le 3 avril 2006 (www.amnestyusa.org/news/document.do?id=ENGMDE290072006).

Pendant les quatre dernières années, notre mouvement mondial a conduit des campagnes de pression internationales envers des compagnies pétrolières de plusieurs états actives offshore (en mer) du secteur occupé. Cela inclue TGS-Nopec, Fugro NV, Thor Offshore, Total, Kerr-McGee, Wessex Exploration et Pioneer Natural Resources. La dernière compagnie à s’être retirée du secteur, Kerr-McGee, a été forcée d'écouter nos arguments quand ses associés financiers et l’environnement politique local aux EU ont exercé des pressions sur eux. En conséquence, la compagnie a perdu des actionnaires pour un total de 80 millions de dollars US et s’est finalement retirée de ses activités offshore du Sahara Occidental en 2006.

Nous avons aussi remarqué dans vos pages d'accueil que votre compagnie a l'intention de suivre des opportunités dans des pays tiers, comme la Libye, les Pays-Bas et le Timor Oriental, tous fortement en faveur de l'autodétermination du peuple sahraoui. Ce dernier, comme vous pourriez le savoir, a été lui-même sous occupation étrangère pendant 24 ans et a des relations diplomatiques approfondies avec la République Arabe Sahraouie démocratique. Nous savons aussi que vous avez plusieurs licences offshore de l'Irlande, un pays qui s'est systématiquement prononcé en faveur de la revendication légitime du peuple sahraoui à l'autodétermination, et dernièrement à l'Assemblée Générale de l'ONU cet automne.

Western Sahara Resource Watch appelle ici Island Oil and Gas à démontrer son attachement au droit international et des Droits de l'homme en reconsidérant son engagement au Sahara Occidental. Nous recommandons vivement à votre société de faire une déclaration publique avant la fin de l'année, précisant que votre société se retire immédiatement de toute activité commerciale en collaboration avec le gouvernement marocain à l’intérieur des frontières du Sahara Occidental.

Avec la présente lettre, nous espérons établir un dialogue ouvert etfranc avec votre société pour discuter de ce sujet, et nous espérons sincèrement accepterez une telle rencontre.

Western Sahara Resource Watch sera plus qu'heureux de vous fournir toutes les informations supplémentaires que vous pourriez demander pour étudier cette question plus étroitement. Nous souhaitons d’autre part solliciter une rencontre avec vos représentants à Dublin le plus tôt qu’il vous conviendra.

Sincères salutations,

Carlos Wilson
pour Western Sahara Resource Watch

    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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