WSRW demande l’arrêt des recherches pétrolières
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Western Sahara Resource Watch demande dans une lettre du 19 mars 2009 au journal scientifique Tectonophysics que les recherches faites par un étudiant en doctorat de la Service Géologique de Norvège, ne soit pas publiées. Les recherches géologiques au Sahara Occidental sont menées en collaboration avec les autorités pétrolières marocaines, mais sans le consentement du peuple sahraoui.
Mis à jour le: 21.05 - 2009 18:57Imprimez cette page    
La lettre ci-dessous a été envoyée au comité de rédaction de Tectonophysics. Au 18 mai 2009, la lettre reste sans réponse.

Chers rédacteurs de Tectonophysics,
Oslo/Melbourne, 18 Mars 2009

Objet : publication de recherches géologiques au Sahara Occidental dans votre journal

Western Sahara Resource Watch et le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental ont récemment été informés de la publication de plusieurs articles sur la géologie du Sahara Occidental dans votre journal Tectonophysics, en particulier deux articles nommés "Crustal structure of the SW Moroccan margin from wide-angle and reflection seismic data (l'expérience de Dakhla)"(2008).

La recherche est menée en partie par un chercheur français de la Service Géologique de Norvège, basé en Norvège.

Nous tenons à souligner quelques problèmes au sujet de cette recherche, et des références faites dans votre journal. Nous demandons instamment à Tectoniphysics d'arrêter toute nouvelle publication de ces recherches jusqu'à ce que des mesures appropriées aient été prises.

L’exploration et l’exploitation des ressources naturelles dans les territoires occupés du Sahara Occidental sont liées à plusieurs dilemmes éthiques, juridiques et politiques. Comme vous le savez peut-être, le Maroc est une puissance d'occupation illégale au Sahara Occidental. La Cour Internationale de Justice en 1975 a établi que le Maroc n'avait pas de légitime revendication sur le Sahara Occidental. Le même tribunal a affirmé que la population sahraouie a droit à l'autodétermination, et cela comprend, entre autres, le droit de souveraineté permanente sur ses ressources naturelles. La souveraineté permanente sur les ressources naturelles est un principe coutumier du droit international. De nombreuses résolutions du Conseil de Sécurité et de l'Assemblée Générale des Nations Unies, un avis juridique de l'ancien Secrétaire général adjoint des affaires juridiques, M. Hans Corell du 29 janvier 2002, affirment cette position (Avis au Conseil de Sécurité). Parce que les Sahraouis n'ont pas encore été en mesure d'exercer leur droit à l'autodétermination, et parce qu'ils n'ont pas été convenablement consultés, l'exploration ou l'exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara Occidental est une violation du droit des Sahraouis à la souveraineté permanente sur leurs ressources.

Au-delà des questions juridiques, les implications politiques et éthiques sont sérieusement graves.

Voyez l’avis du ministère norvégien des Finances (en anglais: http://www.vest-sahara.no/files/pdf/kmg_analysis_norway_2005.pdf) et le communiqué de presse (http://www.vest-sahara.no/files/pdf/kmg_divestment_norw_min_finance_release_05.pdf) sur ces questions. Le ministère affirme que la recherche de pétrole au Sahara Occidental constitue une «violation particulièrement grave des normes éthiques fondamentales, ne serait-ce parce que cela peut renforcer les revendications de souveraineté du Maroc et contribuer ainsi à saper le processus de paix de l'ONU ".

Ainsi, le ministère norvégien des Affaires étrangères exhorte les sociétés norvégiennes à ne pas s'impliquer dans ces commerces. Voir les conseils : http://www.regjeringen.no/nb/dep/ud/tema/norgesfremme-og-kultursamarbeid/Norges-
omdomme/Bedrifters-samfunnsansvar/Vest-Sahara.html?id=480822
. Pour cette même raison, la communauté scientifique norvégienne se met dans une position inconfortable lorsque des universitaires basés en Norvège participent à ces recherches, en violation de la position du gouvernement Norvégien.

La population sahraouie restée dans les zones sous occupation marocaine est soumise à de graves violations des droits humains, telles que tortures, disparitions forcées et détentions arbitraires. Le plus important, cependant, réside dans ce que les Sahraouis ne sont pas autorisés à exercer librement leur droit à l'autodétermination par un référendum libre, équitable et transparent. Ce droit a été reconnu par la résolution 1514 (XV) de l'Assemblée Générale des Nations Unies (1960), et a depuis été appuyé par plus de 100 résolutions de l'ONU. Pour les violations des droits de l’Homme commises par le Maroc au Sahara occidental, reportez vous au rapport du Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme en 2006 (en anglais) : http://groups.yahoo.com/group/Sahara-Update/message/1783

Par ailleurs, l'exploitation et le contrôle du Sahara Occidental par le Maroc sont également préjudiciables aux droits des travailleurs Sahraouis et au développement économique. Nous serions heureux de vous faire parvenir de plus amples renseignements sur ce sujet, si nécessaire.

La société française Total, qui finance la recherche d'Ifremer, a déclaré de façon tout à fait erronée au Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental, que "le Sahara Occidental fait partie du Maroc. Les Nations Unies ont donné le Sahara Occidental au Maroc, il y a longtemps ". Le mouvement de libération du Sahara Occidental, le Front Polisario, a en 2001, qualifié l’implication de Total de violation du cessez-le-feu. La très imprudente participation de Total et de ses partenaires, leur absence de considérations politiques et éthiques au Sahara Occidental, ont clairement contribué à renforcer les décisions du Maroc à saper et à violer le processus de paix de l'ONU dans le territoire.

Vu les souffrances infligées par l'armée marocaine au peuple sahraoui au cours des décennies d’occupation illégale, pendant lesquelles plus de 500 Sahraouis ont «disparu», il est regrettable que les auteurs des articles publiés dans votre Tectonophysics remercient cette même armée pour sa contribution à la collecte des données. Une même reconnaissance est accordée à l’ONAREP (actuellement ONHYM), compagnie nationale pétrolière marocaine qui, en violation du droit international est responsable de la délivrance de permis d'exploration et d’exploitation pétrolière onshore et offshore du Sahara Occidental.

Actuellement, toute recherche sur les ressources naturelles au Sahara Occidental est purement dans l'intérêt de l'une des parties au conflit : le Maroc. Le peuple sahraoui, qui, selon le droit international a droit à ses ressources, ne va en aucun cas bénéficier des recherches de Tectonophysics, dans la réalité politique actuelle.

Sur la seule base d’arguments éthiques, nous appelons votre journal à suspendre toute nouvelle publication de ces recherches, jusqu'à ce que vous ayez pris contact avec les représentants de la République Arabe Sahraouie Démocratique pour leur en demander la permission. Si Total ne l'a jamais fait, on peut s'attendre à mieux de la part d’une respectable communauté scientifique telle que la vôtre.

Si vous avez besoin d'aide pour entrer en contact avec les responsables des Affaires Pétrolières ou Etrangères du Front Polisario, s'il vous plaît n'hésitez pas à prendre contact. Nous serions ravi de vous aider.

Au plaisir de vous lire.

Sincèrement,

Ronny Hansen
Oslo, Norvège
Président du Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental
skvs.info@gmail.com
www.vest-sahara.no    

Cate Lewis
Melbourne, Australie
Coordinatrice Internationale, Western Sahara Resource Watch
lewis.cate@gmail.com
www.wsrw.org


    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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