Une recherche pétrolière norvégienne en pays occupé
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Une chercheuse attachée à la Service Géologique de Norvège a travaillé sur un projet de recherche pétrolière au Sahara Occidental occupé. Western Sahara Resource Watch demande à une revue de scientifique en géologie de suspendre la publication de toutes nouvelles données de cette recherche. L'institut de recherche est lui-même sceptique quant au projet de recherche.
Mis à jour le: 23.05 - 2009 19:33Imprimez cette page    
Une chercheuse française attachée à la Service Géologique de Norvège (NGU), a fait des recherches sur la géologie du Sahara Occidental occupé, et a publié les résultats de ce travail dans au moins deux articles du journal scientifique géologique Tectonophysics. Les articles publiés, dans lesquels la chercheuse remercie les militaires marocains de leur soutien pour la collecte des données du projet, il est également déclaré qu’elle est attachée à NGU.

NGU est un institut de recherche en géologie entièrement détenu par le Ministère Norvégien du Commerce et de l'Industrie. La recherche dans les territoires occupés du Sahara Occidental se fait en coopération avec les partenaires pétroliers du Maroc.

Ce travail est donc fait en contradiction frappante avec l’avis du gouvernement norvégien selon lequel la recherche de pétrole dans le Sahara Occidental est "une violation particulièrement grave des normes éthiques fondamentales, ne serait-ce parce que cela peut renforcer les revendications de souveraineté du Maroc et contribuer ainsi à saper le processus de paix de l'ONU".

Le directeur de NGU, Morten Smelror, dans une récente réunion avec le Comité Norvégien de Soutien pour le Sahara Occidental, a souligné le fait qu'ils ne souhaitaient pas qu’elle travaille sur des recherches, telles que celles menées au Sahara Occidental, pendant ses heures de travail à l'institut.

M. Smelror exprimé sa compréhension de la situation politique du pays et sa sympathie pour la question du Sahara Occidental. Il a souligné le fait que, pour des raisons éthiques et politiques, NGU n’aurait pas entrepris de recherche du type de celle de la chercheuse française. Il a également souligné que NGU n'a pas le pouvoir d'arrêter la publication de résultats de cette recherche commandée. La recherche se fait pendant le temps privé de la chercheuse et dans le cadre de son doctorat.

Le directeur du NGU était lui-même de cette opinion qu’il est regrettable que la chercheuse française se réfère au Sahara Occidental comme « Marocain » dans ses travaux de recherches.

M. Smelror a promis de relayer à la chercheuse les préoccupations exprimées  et de recommander que toute publication d’ouvrage se référant au Sahara Occidental le soit dorénavant dans une terminologie correcte.

Données Controversées
En 2001, la compagnie pétrolière Total a signé un accord permettant à l'entreprise de rechercher du pétrole dans le territoire occupé du Sahara Occidental. Quelques mois plus tard, les conseillers juridiques de l'ONU déclaraient que de telle études était une violation du droit international.
Malgré cet avertissement Total a commencé ses opérations au Sahara Occidental, sans aucune consultation du peuple sahraoui.

La recherche pétrolière a été menée par un navire de recherche sismique envoyé pour étudier les fond marins au large des côtes du pays.

Les données, qui ont été recueillies en contravention du droit international, sont maintenant en cours de traitement. C'est dans ce travail que la chercheuse du NGU entre en jeu, et continue de jouer un rôle. Bien que Total ait décidé de cesser ses recherches au Sahara Occidental, ils continuent d’aider financièrement un projet de recherche mené au Sahara Occidental par des géologues spécialistes en pétrole. L’institut français de recherche géologique Ifremer est le porteur du projet.

Suivant l’exemple de Total, la chercheuse de NGU et ses collègues étrangers ont également négligé de consulter les représentants du peuple sahraoui, pour obtenir la permission pour faire une étude dans les eaux sahraouies.

Le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental, déplore profondément l'activité de recherche et les méthodes employées pour son exécution.

«Après 33 ans d'occupation, et aussi longtemps que la situation politique présente se poursuit, il n’y seulement qu’une des deux parties qui peut tirer un bénéfice d'une meilleure connaissance de la géologie du Sahara Occidental. Le Maroc prévoit de violer le droit international par le forage de pétrole dans la zone occupée. Il est inacceptable que la communauté de recherche européenne soutienne cette initiative », a déclaré le président Comité de Soutien au Sahara Occidental, Ronny Hansen.

«Il est donc de la plus haute importance que cette recherche cesse immédiatement ", a déclaré Hansen.

Le comité norvégien loue le NGU pour avoir déclaré que ses chercheurs ne peuvent continuer à mener de telles recherches s’ils ont rejoint le NGU.

Le 19 mars de cette année, le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental et Western Sahara Resource Watch ont envoyé une lettre au comité de rédaction de la revue géologique Tectonophysics, le journal qui a publié les données compilées par la chercheuse du NGU.

Le courrier demande au journal d'interrompre l'impression d’autres articles concernant le projet de recherche controversé jusqu’à ce qu’ils aient reçu les autorisations nécessaires des autorités sahraouies. Lire la lettre ici. La réponse ne nous est toujours pas parvenue.

Il semblerait que la chercheuse en question ait présenté un nouvel article qui est en cours de préparation pour une publication dans le journal. Western Sahara Resource Watch et le Comité Norvégien de Soutien souhaitent que la publication de cette proposition soit momentanément suspendue.

acknowledgements_tectonophysics_350.jpgRemerciements à l’armée.
Les procédures judiciaires sont en cours, en Espagne, contre des officiers militaires marocains hauts placés accusés de génocide contre le peuple sahraoui. Plus de 500 citoyens sahraouis ont disparu depuis l'invasion illégale de 1975. Les bombardements de villes et villages sahraouis au napalm et phosphore blanc par les forces militaires au cours de l'occupation de Sahara Occidental sont dûment documentés. Militaires marocains et forces de police ont été et continuent d'être illégalement établis sur le territoire sahraoui, soumettant les activistes sahraouis des droits de l'homme à de violentes persécutions.

Sans tenir compte de cela, la chercheuse attachée à NGU a, dans Tectonophysics, ouvertement remercié (ci-dessus) les militaires marocains pour leur soutien dans la collecte de données.

La chercheuse a également remercié l'ONHYM, l’entreprise nationale pétrolière marocaine. Ce sont eux qui sont responsables de l'émission de licences d'exploration pétrolière dans le territoire occupé, et cela en violation du droit international et contre l'avis de l'ONU.

Le projet de recherche est une coopération entre la compagnie pétrolière Total et l'Institut français géologiques Ifremer. Les universités de Brest, El Jadida et Lisbonne sont également impliquées dans le projet.


    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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