Navires danois transportent du phosphate illégal du Sahara Occidental
laur_610.jpg

Pendant les jours précédents Noël, un navire appartenant à la compagnie maritime danoise Lauritzen est parti du Sahara Occidental occupé par le Maroc. Selon l'ONU, l'exploitation marocaine du phosphate est illégale. Par DanWatch, 30 déc 2011.
Mis à jour le: 10.01 - 2012 21:16Imprimez cette page    
Des navires danois transportent du phosphate illégal du Sahara Occidental
DanWatch
30 décembre 2011

Traduction par Western Sahara Resource Watch

Pendant les jours précédents Noël, un navire appartenant à la compagnie maritime danoise Lauritzen est parti du Sahara Occidental occupé par le Maroc. Selon l'ONU, l'exploitation marocaine du phosphate est illégale.

Pour DanWatch, le navire danois Emilie Bulker, propriété de la compagnie de navigation Lauritzen, est en route vers la Lituanie avec des phosphates destinés à la compagnie de fertilisant Lifosa.

Le Président de Bulkers Lauritzen, M. Ejner Bonderup, confirme: «c’est un commerçant d'engrais internationalement reconnu qui a affrété notre vaisseau et transporte des cargaisons en provenance d'El Aaiun au Sahara Occidental jusqu’à probablement Klaipeda en Lituanie».

Toutefois, un avis juridique de l'ONU de 2002, conclut que l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc est illégale. C'est le pouvoir d’occupation marocain qui les exploite sans laisser le peuple du territoire, les Sahraouis, en tirer profit.

«Le statut du Sahara Occidental n'est pas encore décidé, et un référendum doit décider si le pays sera indépendant ou fera partie du Maroc. Les ressources naturelles n’appartiennent donc pas au Maroc aujourd'hui, et il peut être comparé à une complicité dans l'achat de biens volés quand une compagnie danoise transporte ou traite avec des ressources naturelles que le Maroc exploite actuellement au Sahara Occidental ", a déclaré Lave Broch de l'Association des Nations Unies au Danemark.

Il se réfère à la Cour Internationale de Justice, qui a déclaré que le Maroc n'a pas de revendications légitimes sur le Sahara Occidental, et qu'il n’a donc le droit de vendre ni d'utiliser les ressources naturelles du Sahara Occidental.

La compagnie maritime, cependant, ne considère pas de problème: «Je ne me souviens pas quand nous avons transporté des phosphates de El Aaiun, mais il n'y a rien dans notre «time charter agreements » avec d'autres entreprises qui les empêche de transporter des phosphates depuis El Aaiun", a déclaré Ejner Bonderup.

Eurochem, l'entreprise derrière l'usine Lifosa en Lituanie, confirme que la cargaison d'Emilie bulker est en route vers leur usine, et qu'ils attendent le bateau pour le 3 janvier 2012.

Ejecté du Global Compact des Nations Unies

La compagnie lituanienne d'engrais Lifosa a, au début de cette année, été éjectée du Global Compact de l'ONU, qui est une initiative pour les entreprises adhérant aux principes standards des droits humains, de l’environnement, de la lutte contre la corruption et pour les droits des travailleurs.

Cela s'est passé, selon Western Sahara Resource Watch (WSRW) aprés que Lifosa n’ait jamais répondu aux questions relatives à l'importation des phosphates, alors que le dialogue avec la société civile est une condition pour être membre du Global Compact de l'ONU.

Selon la documentation de Lifosa, reçue par WSRW, il semble que la compagnie ait reçu 250 000 tonnes en 2008, 120 000 tonnes en 2009 et 465000 en 2010 de phosphate provenant du Sahara Occidental. Les Sahraouis n’ont, selon ces documents, pas été consulté au sujet des exportations de leurs ressources naturelles.

Ce n'est pas la première fois que Lauritzen est sous les projecteurs des médias pour des transports de phosphates du Sahara Occidental. En 2008, DanWatch a révélé que l'un des bateaux de Lauritzen était en route vers la Nouvelle-Zélande avec une cargaison de phosphate.

Cette fois, le colonel Knut Moesgaard, venait juste de rentrer de la mission de l'ONU de maintien de la paix au Sahara Occidental. Il a déclaré à  DanWatch: "Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc, et tant qu'aucune solution au conflit n'a pas été trouvée, ce serait mépriser la recommandation de l'ONU d’acheter des ressources naturelles tels que les phosphates du pays".

Le gouvernement norvégien a considéré début décembre de telles importations du Sahara Occidental comme étant une «violation particulièrement grave des normes éthiques fondamentales».

    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

Soutenez Western Sahara Resource Watch

tn_sjovik_demo_610.jpg

Aidez-nous à protéger les ressources naturelles du Sahara Occidental pour le peuple sahraoui. Soutenez notre action en faisant un don.
Agissez pour les 25 de Gdeim Izik !

tn_court_photo_gdeim_izik_610.jpg

Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

tn_poweringplunder_fr_610.jpg

Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

Si'il vous plaît inscrivez pour recevoir la newsletter:





WSRW.org Archives 2017
WSRW.org Archives 2016
WSRW.org Archives 2015
WSRW.org Archives 2014
WSRW.org Archives 2013
WSRW.org Archives 2012
WSRW.org Archives 2011
WSRW.org Archives 2010
WSRW.org Archives 2009
WSRW.org Archives 2008
WSRW.org Archives 2007
WSRW.org Archives 2004-2006






Ces pages web ont été construites avec le soutien financier du syndicat norvégien Industri Energi