Le  Maroc rêve d’un nouveau port monstre au Sahara Occidental
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Le nouveau "Plan Halieutis" du gouvernement marocain envisage de gros investissements au Sahara Occidental. Aucune référence n'est faite au fait de savoir si le plan est conforme aux souhaits du peuple du territoire.
Mis à jour le: 30.12 - 2010 21:01Imprimez cette page    
Une plaquette du ministère marocain de la Pêche  explique en termes généraux le contenu du « Plan Halieutis » du gouvernement, lancé pour renforcer l'industrie de la pêche dans le pays. Le document de 43 pages qui peut être lu ci-dessous, montre que le Maroc dans son secteur de la pêche, traite le Sahara Occidental, comme s’il faisait partie intégrante de son propre pays. Pourtant, aucun Etat au monde ne reconnaît de souveraineté au Maroc sur le Sahara Occidental.

Le plan définit les stratégies de développement pour l'ensemble de la côte de Tanger au Maroc, à Dakhla au Sahara Occidental. Le document a probablement été fait en 2008. Le fil rouge du plan est le paradoxe entre les grands stocks de poissons du Sahara Occidental d'un côté, et le manque d’infrastructures sur le territoire pour gérer les captures. Un objectif « primordial » du plan est de «valoriser les stocks du Sud », par des investissements massifs en infrastructures.

Les efforts de pêche sont «sous-dimensionné dans le Sud par rapport au potentiel de captures » indique le document, se référant au fait que seulement 17% de la flotte de pêche est
située dans le «Sud» - qui est le terme marocain pour le territoire envahi illégalement en 1975. Il se réfère également à des "Ports saturés dans le Sud» et à l’insuffisance de point de débarquement pour les petits pêcheurs.

"Afin de pouvoir exploiter le potentiel additionnel du stock sud de petits pélagiques, le nouveau port de pêche devra se situer au sud de Laayoune", indique le gouvernement marocain dans le document.

Le nouveau port est prévu pour gérer une capacité de 1 million de tonnes de petits poissons pélagiques, et héberger une étonnante flotte 60 à 120 navires dits RSW. Ces navires de pêche industrielle sont plus grands, et peuvent surgeler les captures à bord, d'où le nom (Refrigerated Sea Water) RSW. Pour comparer, le nombre de navires RSW à El Aaiun et Dakhla combiné est aujourd'hui inférieur à 20. Le port se composerait de 750 -1500 mètres de quai, de 7 mètres de profondeur, et la zone portuaire pourrait potentiellement employer 27.500 personnes, selon le plan.

Il est également envisagé de mettre en place un des trois nouveaux soi-disant "Pôles de compétitivité» au Sahara Occidental. Le pôle du Sahara Occidental, englobant à la fois El Aaiun et Dakhla serait spécialisé dans la pêche de petits pélagiques. Le nouveau «pôle» devrait recevoir un investissement de 3 milliards de dirhams, générant 60.000 emplois, et de traiter un total de 990,000 tonnes de poissons chaque année. Bien que se concentrant principalement sur les petits pélagiques, le plan englobe également des projets d'aquaculture à Dakhla.

Occupation importante
Dans le document, le Maroc se réfère à lui-même comme une « puissance halieutique mondiale ». Aujourd'hui, l'industrie « contribue dans une manière significative à l'économie nationale », mais toujours avec un «potentiel de développement sous exploité », précise le document. Selon le document, 55 pour cent des captures marocaines ont lieu sur le territoire du Sahara Occidental. Le territoire est dit contenir 5545 petites embarcations de pêche artisanale et 326 plus grands navires. Le poisson est transformé dans 119 usines au Sahara Occidental, ce qui représente 29% du nombre total d'unités du Maroc et Sahara occidental.

Au total, au Maroc / Sahara occidental, la pêche emploie près de « 660,000 personnes, dont 30% dans la région du Sud, et une population de plus de 3 millions de personnes vit directement ou indirectement du secteur ». L’objectif pour 2020 est de presque tripler le volume des exportations du Maroc / Sahara occidental de 1,2 milliards de dollars en 2007, à 3,1 milliards de dollars.

L'importance de l'industrie est en contraste frappant avec plusieurs déclarations faites récemment par le gouvernement marocain de la pauvreté du Sahara Occidental. Le coup de fouet à la pêche au Sahara Occidental vient après l’épuisement des stocks de poissons au large des eaux marocaines.

Les plans massifs sont déployés alors que les Sahraouis demandent au gouvernement marocain d’arrêter les investissements dans le territoire tant que le conflit n’est pas résolu, et soulignent que les investissements à ce jour sur le territoire n'ont pas bénéficié aux Sahraouis. L'industrie est un outil pour le Maroc pour déplacer d’avantage de civils Marocains dans le territoire, en violation de la Quatrième Convention de Genève.

Le document ne fait aucune distinction entre le territoire de Maroc et du Sahara Occidental. Il renvoie en outre à la Zone Economique Exclusive du Maroc, et omet de préciser que cette zone ne s'applique qu'au Maroc seul. Le Maroc n'a jamais revendiqué les eaux au large du Territoire Non Autonome qu’il a envahi sous la condamnation de l'ONU.

L'un des succès mentionnés sur la notice est l'Eco-certification de l'usine Sovapec-Maromega, situé à Tan-Tan. Un documentaire suédois a révélé au début de cette année comment cette entreprise de poisson importait des aliments de Dakhla destinés à la production de l'huile de poisson pour le marché scandinave. Lorsque le commerce immoral des territoires occupés a été connu en Scandinavie, il a immédiatement cessé. La compagnie importatrice vers les pays scandinaves a été condamnée à une amende de plus de 1,2 millions d'euros pour l'exportation de produits du Sahara Occidental vers la Norvège par l’accord de libre-échange Norvège/Maroc, accord qui ne couvre que le Maroc tel qu’il est internationalement reconnu.

Les propriétaires norvégiens du Maromega ont annoncé le 22 décembre que l'entreprise marocaine avait arrêté tous ses achats de matières premières du Sahara Occidental, et que tous ses poissons étaient pêchés au Maroc.

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EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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