L'administration Trump finance un projet d'ammoniac au Sahara Occidental occupé
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L'administration Trump est devenue la première administration américaine à financer un projet du secteur privé au Sahara Occidental occupé, en apportant son soutien au projet controversé de production d'ammoniac vert d'ORNX.

03 August 2026

Selon Reuters, l'Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a signé un accord de subvention avec le promoteur du projet, ORNX, afin de financer une étude d'ingénierie et de conception préliminaire (FEED) d'un montant de 5,7 millions de dollars américains pour l'usine de production d'ammoniac vert prévue au Sahara Occidental occupé.

L'accord a été signé le 28 juillet 2026 à El Aaiún, capitale du territoire sous occupation marocaine.

ORNX est un consortium composé d'Ortus Power Resources (États-Unis), d'Acciona (Espagne) et de Nordex (Allemagne). Ce consortium a été sélectionné par le gouvernement marocain en mars 2025 comme l'un des investisseurs phares de son programme d'hydrogène vert, dit « Offre Maroc ». Aucun des partenaires du consortium n'a répondu aux courriers de Western Sahara Resource Watch concernant ce projet. 

Comme l'a rapporté WSRW en début d'année, le Maroc a attribué à ORNX des terres situées au Sahara Occidental occupé, bien qu'il ne possède aucune souveraineté internationalement reconnue sur ce territoire. L'accord de réservation de terres, signé le 5 février 2026, permet au consortium de poursuivre les études de faisabilité, les démarches administratives et les évaluations environnementales d'un projet situé à El Aaiún de production d'ammoniac vert d'une valeur de 4,5 milliards de dollars américains.

Ce projet devrait également s'appuyer fortement sur la technologie américaine. La publication spécialisée Gasworld a indiqué que l'équipe de développement travaille avec plusieurs entreprises américaines, dont GE Vernova, KBR, Electric Hydrogen et Terabase, ainsi qu'avec d'autres partenaires technologiques internationaux, soulignant ainsi l'implication croissante de l'industrie américaine dans les projets du Maroc au Sahara Occidental occupé.

La subvention de l'USTDA représente donc bien plus qu'un simple soutien à une étude de faisabilité. Si les États-Unis ont reconnu la revendication du Maroc sur le Sahara Occidental en 2020, les administrations américaines successives n'avaient jusqu'alors apporté aucun soutien gouvernemental direct à des projets d'investissement privés dans le territoire occupé. Reuters a noté que cette nouvelle subvention constitue le premier financement de ce type accordé par le gouvernement américain. 

« WSRW condamne l'administration Trump, première administration américaine à utiliser des fonds publics pour faciliter un investissement du secteur privé dans le territoire occupé. Au lieu d'encourager le respect du droit international, les États-Unis contribuent à normaliser l'exploitation illégale par le Maroc d'un territoire sur lequel il n'exerce aucune souveraineté reconnue, bafouant ainsi la souveraineté permanente du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles et son droit à disposer de son avenir. Les États ont l'obligation claire, en vertu du droit international, de ne pas reconnaître comme licite, d'aider ou de soutenir une acquisition territoriale illégale ou le maintien d'une situation illicite. En finançant ce projet, les États-Unis agissent à l'encontre de ces principes fondamentaux et envoient un signal dangereux, laissant entendre que les investissements commerciaux au Sahara Occidental occupé sont acceptables », a déclaré Erik Hagen de WSRW. 

Cette annonce de financement intervient quelques jours seulement après que le président Trump a déclaré que le Maroc baptiserait l'autoroute Tiznit-Dakhla, longue de 1 055 kilomètres et située au Sahara Occidental occupé, « Autoroute du président Donald J. Trump », en reconnaissance de sa décision de 2020 de reconnaître la revendication marocaine sur ce territoire. Bien que Trump ait publiquement remercié le roi Mohammed VI pour ce qu'il a qualifié de « grand honneur », cette dénomination n'a pas encore été officiellement confirmée par les autorités marocaines.

Le Sahara Occidental demeure inscrit sur la liste onusienne des territoires non autonomes, dont le peuple n'a pas encore exercé son droit à l'autodétermination. Le Maroc n’a aucune souveraineté sur ce territoire, et les principes juridiques internationaux exigent que les activités économiques au Sahara Occidental se déroulent avec le consentement du peuple sahraoui.

Le projet ORNX s'inscrit dans la stratégie plus large du Maroc visant à établir une production à grande échelle d'hydrogène et d'ammoniac vert au Sahara Occidental occupé, en vue de leur exportation. WSRW a déjà démontré qu'une part importante des terres concernées par la stratégie marocaine en matière d'hydrogène se situe non pas à l'intérieur des frontières internationalement reconnues du Maroc, mais dans le territoire occupé. D'autres projets ORNX seraient prévus à Boujdour et Dakhla, deux villes situées au Sahara Occidental occupé.

 

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