Le Maroc cherche partenaire pour une autre controverse à Lemsid
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Plusieurs compagnies d’études sismiques ont profondément regretté leur implication au Sahara Occidental occupé au cours de la dernière décennie. Maintenant, le Maroc essaie de collaborer avec une autre compagnie - cette fois pour une étude à terre. WSRW avertit l'industrie de ne pas tomber dans le piège.
Mis à jour le: 02.07 - 2015 00:04Imprimez cette page    
lemsid_tender_2015_280.jpgLe nouveau bloc controversée, Lemsid, se trouve dans son intégralité dans le territoire que le Maroc occupe illégalement, au sud de la capitale du Sahara Occidental, El Aaiun.

La compagnie pétrolière nationale marocaine l’ONHYM clôt l'offre le 30 Juillet 2015, une mission de plus de 84 millions de Dirham marocain. L'offre peut être vue dans sa version courte à droite, et la version complète est téléchargeable ici.

"La zone d'étude est située dans le sud du Maroc, entre les villes de Smara, Laayoune, Boujdour et Guelta Zemmour", indique l'appel d'offres. Ceci est incorrect. Aucun État au monde, ni les Nations Unies, ne reconnait ce territoire comme faisant partie du Maroc. Aucune référence dans les documents d'appel d'offres ne mentionne que la zone est située à l'extérieur des frontières internationalement reconnues du Maroc, ni ne se réfère aux droits légaux du peuple du territoire du Sahara Occidental.

lemsid_28.06.2015_350.jpgSelon le document d'appel d'offres, l'ONHYM prend la responsabilité de sécuriser les autorisations de passage auprès des utilisateurs des terres et des autorités locales. Aucune organisation ou représentant sahraoui, cependant, n'a jamais été abordé dans le cadre de l'appel d'offres, pour autant que WSRW le sache. Le bureau juridique de l'ONU a conclu pour le Conseil de sécurité de l'ONU que toute exploration dans le territoire du Sahara Occidental doit avoir lieu en conformité avec les souhaits du peuple du territoire. Aucune autorisation n’a été sollicitée. Le Maroc a envahi le Sahara Occidental en 1975. La moitié du peuple a cherché refuge à l'étranger.

« Les entreprises qui envisagent de prendre part au pillage des ressources du Sahara Occidental doivent prendre en compte la possibilité de conséquences juridiques. Western Sahara Resource Watch demande à toutes les entreprises de ne pas s'engager sur le bloc Lemsid, ou dans tout autre exploration pétrolière au Sahara Occidental tant qu’aucune solution n’est trouvée au conflit. Toute exploration pétrolière au Sahara Occidental a lieu en violation de la volonté et des droits des Sahraouis, ne fera que conduire à un nouvel enracinement de la position marocaine, et va affaiblir les négociations pour une solution au conflit», a déclaré Erik Hagen, militant de Western Sahara Resource Watch.

Une exploration plus approfondie des hydrocarbures viole le droit international aussi longtemps que le peuple du Sahara Occidental n’y consent pas. C’est la principale conclusion d'un avis juridique du Bureau des affaires juridiques des Nations Unies au nom de son Conseil de sécurité.

Auparavant, un certain nombre de sociétés de services sismiques ont été convaincues par le Maroc d’assumer de telles missions, parce que l'ONHYM ou les opérateurs n’avaient pas spécifié l'emplacement réel des blocs. Presque toutes les entreprises de levées sismiques qui ont travaillé au Sahara Occidental ont depuis regretté leur participation :
• "Nous admettons avoir fait une erreur. Il nous est très inconfortable d'avoir contribué à soutenir un pouvoir d'occupation", le PDG de SeaBird Exploration en 2015.
• "Cela ne me pose aucun problème d’affirmer, avec le recul, qu'il a pu être une mauvaise idée de prendre cette mission", directeur général de Spectrum ASA 2011.
• "La compagnie est souvent impliquée dans l'exploitation du pétrole et du gaz dans les zones où la population locale n'a pas été consultée. Pour cette raison, l'entreprise a par exemple cessé son implication au Sahara Occidental", Fugro NV, 2012 et sa filiale Fugro-Geoteam "a décidé de s'abstenir de toute implication au Sahara Occidental jusqu'à ce qu’à la résolution de la situation politique" 2010.
• "TGS-NOPEC apprécie la complexité des questions politiques dans la région [...] En conséquence, la Société a décidé de ne pas entreprendre de nouveaux projets au Sahara Occidental sans un changement dans les développements politiques», Communiqué de presse, 18.03. 2003.

D'autres entreprises de levées sismiques ont été alertées à temps, et ont spécifiquement évité de prendre ces missions: "" Nous avons à plusieurs reprises refusé de mener des explorations sismiques au Sahara Occidental ", PGS 2009.

Selon Africa Intelligence, les études sismiques seront effectuées sur le bloc en 2015 et 2016. L'appel d'offres précise que l'étude comprendra une série de forages peu profonds, ce qu'on appelle «les trous verticaux» allant jusqu'à 80 mètres. Le reste de l'étude sera effectuée à l'aide du matériel d'étude sismique comme montré sur la vidéo à droite, tournée sur le bloc voisin "Boujdour onshore" en 2010.

En plus de l'appel d'offres pour des études sismiques, deux autres appels d'offres ont été publiés le 26 juin 2015 pour le même programme. Un appel d'offres porte sur la supervision d'experts de l'acquisition sismique 2D, l'autre pour la surveillance de l'environnement. Les cartes et les références géographiques au "Sud du Maroc" sont identiques pour toutes les trois missions.

Une entrevue donnée aux médias marocains plus tôt cette année révèle que le bloc est de 20.000 kilomètres carrés. Le directeur de l'ONHYM a également donné des informations sur le programme sismique.

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EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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