Les prêteurs UE évitent le Sahara controversé, le Maroc mire la Chine
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Plusieurs grandes banques européennes d'investissement ont indiqué qu'elles ne financeront pas de projets d'énergie renouvelable au Sahara Occidental occupé. Conséquence, le Maroc est obligé de chercher d'autres bailleurs de fonds, moins inspirés éthiquement.
Publié 24 février 2014


Des sources des banques nationales allemandes, la Banque mondiale, la Banque européenne d'investissement (BEI ) et l'Union européenne ont toutes indiqué à Reuters qu'elles ne financeraient pas des projets d' énergie renouvelable basés au Sahara Occidental - précisément en raison de l'emplacement géographique de ces projets à l'intérieur d’un territoire que le Maroc occupe depuis 1975, au mépris flagrant du droit international et du droit du peuple du Sahara Occidental à l'autodétermination.

Il y a quelques semaines, un investisseur européen a déclaré à Reuters qu'ils ne voulaient soutenir aucun projet au Sahara Occidental, pour maintenir une position neutre vis-à- vis du conflit. En septembre 2013, la Commission européenne et la BEI ont expliqué à l’agence de presse Euractiv qu'ils n'avaient pas prévu de parrainer de tels projets.

" Les grands bailleurs de fonds ont le mérite d'avoir refusé des fonds pour de telles transactions. Le pillage du Sahara Occidental occupé va aujourd'hui vers un nivellement par le bas, où les bailleurs de fonds et entreprises les moins éthiques ferment les yeux sur leur responsabilité sociale de base. Nous croyons que le Maroc a pu toucher le bas-fonds en Chine ", a déclaré Erik Hagen, président de Western Sahara Resource Watch.

Les positions européennes refusant au Maroc des crédits pour de tels projets au Sahara Occidental ont été formulées à la suite d'un rapport publié par WSRW en août de l'année dernière. Ce rapport "la sale marche verte" détaille les projets du Maroc de construire des centrales éoliennes et solaires à l'intérieur des territoires occupés du Sahara Occidental. Comme importateur d’énergie, le Maroc est confronté à des factures d'énergie toujours en augmentation. Investir dans l'énergie solaire et éolienne pourrait alléger les dépenses.

Cependant, quelques-unes des usines envisagées seront situées à l'extérieur des frontières internationalement reconnues du Maroc, et à l'intérieur du territoire que de nombreux Sahraouis ont fui après l'invasion militaire par le Maroc en 1975. De façon très problématique, le Maroc voudrait donc se rendre encore plus dépendant du maintien de l'occupation illégale. Une question qui ne semble pas convenir aux investisseurs européens ni à la Banque mondiale.

Néanmoins, le Maroc a, selon Reuters, réussi à s'associer avec des investisseurs de la Chine, du Japon et de la région du Golf. Le Ministre marocain aux affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, se vante d’avoir obtenu 9 milliards de dollars pour le projet d'énergie solaire, composé de 5 centrales. Deux d'entre eux sont prévus au Sahara Occidental occupé, une centrale de 100 MW près de la ville de Boujdour et une autre centrale de 500 MW, juste au sud de la capitale El Aaiun.

Le ministre a, toutefois refusé de donner Reuters d’autres détails sur les contrats de financement avec des parties spécifiques, mais a déclaré que le financement n'était pas subordonné à l'emplacement des centrales.

" C'est leur problème. Nous n'avons pas de problèmes de financement. Si certaines personnes ne veulent pas venir, d'autres le feront", a déclaré le ministre à Reuters à propos du recul des investisseurs de l'UE.

Le refus européen de délivrance de crédit ressemble à ce que WSRW a vu de la part d'autres institutions de financement contrôlés par des gouvernements. L’agence américaine USTDA a déclaré quelque chose de similaire en refusant des fonds au Maroc pour l'industrie pétrolière au Sahara Occidental, et les agences scandinaves de crédit à l'exportation ont fait des déclarations comparables sur les projets du Sahara Occidental en général.

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