Le solaire du Sahara Occidental opérationnel en 2018
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Le Maroc a commencé la construction de l'infrastructure de l'industrie solaire dans la grande partie du Sahara occidental qu'il occupe illégalement.
Publié 06 juillet 2017


Le Maroc a avancé en terrain accidenté sur le très controversé programme Noor PV I cette année en avril. Le programme se compose de trois centrales photo-voltaïques sur les sites nommés NOOR Ouarzazate IV (70 MW), NOOR Laayoune (80 MW) et NOOR Boujdour (20 MW).

Les deux derniers sites sont situés dans les régions du Sahara Occidental que le Maroc maintient sous occupation militaire depuis 1975, et la construction de ces installations vient de commencer.

D'ici 2020, le Maroc prévoit de produire plus d'un quart de son énergie verte par des champs d'éolienne et centrales solaires situées à l'extérieur du Maroc, et à l'intérieur la dernière colonie d'Afrique. Pas moins de 40% de la capacité solaire du Maroc viendrait alors du Sahara Occidental. En novembre l'année dernière, WRW a publié le rapport "électrifier le pillage", détaillant les efforts du Maroc en matière d'énergie renouvelable pour rendre le pillage du Sahara Occidental plus lucratif.

Début avril dernier, le roi du Maroc a lancé le début des travaux de construction dans la capital du Sahara Occidental, peu de temps après le lancement des travaux du programme Ouarzazate, au Maroc.

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La moitié du peuple du Sahara Occidental vit en tant que réfugiés suite à l'invasion illégale du territoire par le Maroc, une occupation condamnée par l'ONU. Les réfugiés vivent sous tentes et doivent installer leurs propres panneaux solaires. La société qui certifie les projets saudi-marocains sur le territoire occupé est en désaccord avec la Cour de justice de l'Union européenne qui a conclu que le peuple du Sahara Occidental doit consentir à toute activité concernant les ressources du territoire.
La compagnie Acwa Power, d'Arabie Saoudite a gagné le droit de développer les trois sites du projet. En collaboration avec trois autres entreprises - Chint Group, Shapoorji Pallonji et Sterling & Wilson - Acwa Power a remporté l'appel d'offres pour développer, construire et exploiter les trois usines sous un système CPET (Construire, Posséder, Exploiter, Transférer). L'annonce de la sélection d'Acwa Power a été faite lors de la Conférence sur le climat des Nations Unies, COP22, à Marrakech en novembre de l'année dernière.

Acwa Power a passé contrat avec Sterling & Wilson, dont le siège est à Mumbai, en Inde, pour construire les installations [ou télécharger]. Ce contrat a été signé à COP22 également [télécharger]. En novembre 2016, WSRW a demandé par lettre à Sterling & Wilson quelles mesures la société avait prises pour obtenir le consentement du peuple sahraoui à l'égard des projets situés dans leur pays, mais n'a pas reçu de réponse.

La certification du programme d'infrastructure saudi-marocain sur le territoire occupé a été donnée par Vigeo Eiris, une société maroco-franco-britannique qui fait des déclarations de ferme soutient à la position marocaine sur l'occupation et qui refuse de répondre aux questions de WSRW.

L'Agence marocaine pour l'énergie solaire (MASEN) a conclu un accord d'achat pour écouler l'électricité produite. La Commission européenne a déclaré que suite à l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne en 2016, l'UE ne peut importer de l'énergie produite par le Maroc au Sahara Occidental.

La semaine dernière, l'Agence nationale marocaine d'électricité a lancé un appel d'offres pour une étude sur la façon d'optimiser le réseau électrique au Sahara Occidental occupé et dans les régions du sud du Maroc.

Les travaux des centrales solaires devraient prendre environ 12 mois.
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