Enel signe un contrat pour la construction du parc éolien de Boujdour
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Le parc de 300 MW est le premier des deux parcs éoliens que la société italienne Enel Green Power et le groupe allemand Siemens pourraient ensemble sur des terres occupés. La construction est annoncée en 2021.

27 novembre 2019

Le 19 novembre 2019, à Rabat, la société italienne Enel Green Power a signé un contrat avec l'Office national marocain de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et l'Agence marocaine pour l'énergie durable (MASEN) pour la construction d'un parc éolien de 300 MW à proximité de la ville de Boujdour, située le long de la côte du Sahara Occidental occupé. Selon le communiqué de presse de l'ONEE [ou téléchargez], le partenariat est constitué du groupe marocain Nareva Holding et de l'italien Enel Green Power. La mise en œuvre du projet devrait débuter en 2021 et est accompagnée d'un cout déclaré supérieur à 375 millions d'euros [téléchargez].

Le parc éolien de Boujdour fait partie du programme d'énergie éolienne intégré du Maroc, d'une capacité de 850 MW, qui comprend au total cinq parcs éoliens : trois au Maroc (Midelt, Jbel Lahdid et Tanger) et deux au Sahara Occidental (Boujdour et Tiskrad près d'El Aaiun).

Le Maroc n'a pas de souveraineté sur le Sahara Occidental ni de mandat international en la matière - comme l'a conclu la Cour internationale de justice et ces dernières années, dans quatre arrêts consécutifs de la Cour de justice de l'Union Européenne.

"Nous condamnons la décision d'Enel de construire ces projets énergétiques sur des terres occupées. L'entreprise contribue à rendre le Maroc dépendant de l'énergie produite sur le territoire du Sahara Occidental et à assurer des revenus à la société d'énergie personnelle du roi marocain. Le roi sera moins incité à respecter les négociations de paix des Nations Unies quand Enel aide à relier le territoire du Sahara Occidental au réseau marocain et au trésor du roi ", a déclaré Davide Contini de Western Sahara Resource Watch.

L'appel d'offres pour le développement, la conception, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance de l'ensemble du projet intégré d'énergie éolienne a été remporté en mars 2016 par un consortium de trois sociétés : Enel Green Power, Siemens et Nareva Holding, cette dernière faisant partie du large portefeuille de propriétés de la monarchie marocaine.

Alors que le parc éolien de Boujdour constitue la première participation effective d’Enel à la construction de projets énergétiques dans le territoire occupé, Siemens est déjà connecté à des projets de parcs éoliens similaires. Le parc éolien de Foum el Oued de 50 MW, construit en 2013 et responsable de 95% de l'approvisionnement en énergie dont le Maroc a besoin pour exploiter les mines de phosphate du Sahara Occidental, comprend 22 éoliennes de Siemens. Le parc éolien Aftissat de 200 MW, également situé près de Boujdour, compte 56 éoliennes Siemens-Gamesa.

Les travaux de construction sont annoncés plus tard que prévu. Cela est principalement dû à la difficulté de réunir les fonds nécessaires. Alors que le Maroc n'a aucun problème à trouver un soutien financier pour ses projets d'énergie renouvelable au Maroc, à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues, plusieurs grands bailleurs de fonds institutionnels - KfW, Banque mondiale, Banque européenne d'investissement et l'UE - ont déclaré qu'ils n'investiraient pas dans des projets similaires au Sahara Occidental.

Enel semble être fier de respecter les normes éthiques les plus strictes en partenariat avec le roi du Maroc sur un territoire sous occupation illégale. De 2017 à 2018, Enel a supprimé toutes les références au "Sahara Occidental" de ses rapports de développement durable. Trouvez la différence entre le rapport de développement durable 2017 et 2018 ci-dessous.

Rapport de développement durable Enel, 2017

Rapport de développement durable Enel, 2018

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