Gdeim Izik
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Dans les premières heures du 8 novembre 2010, l'armée marocaine a envahi un grand campement sahraoui de protestation, situé près d'un endroit appelé Gdeim Izik, dans le territoire occupé du Sahara Occidental.
Mis à jour le: 18.11 - 2014 11:48Imprimez cette page    
Les trois quarts du Sahara Occidental sont occupés par le Maroc depuis 1975. Dans le déni flagrant du droit international, le Maroc administre le territoire et vend ses ressources naturelles comme les siennes propres. Pendant ce temps, le peuple du Sahara Occidental, le peuple sahraoui, est contraint de vivre une occupation brutale, soumis à de graves violations de leurs droits humains dans un climat d'impunité des exactions commises. Environ 160.000 de leurs proches qui ont fui pendant la guerre avec le Maroc sont aujourd'hui encore dans des camps de réfugiés dans la plus inhospitalière partie du désert algérien.

Les Sahraouis sont devenus une minorité marginalisée dans leur pays. La discrimination sociale et économique en faveur des colons marocains maintenant majoritaires a relégué les Sahraouis en marge de la société sur leur propre terre sous occupation.

En octobre 2010, des groupes de citoyens sahraouis ont commencé à planter leurs tentes dans le désert à quelques kilomètres de la capitale du Sahara occidental, El Aaiun, dans un endroit appelé Gdeim Izik. En choisissant de vivre comme des exilés dans leur propre patrie occupée, leur message était clair : c’est assez. Ce qui a commencé avec quelques tentes s’est rapidement transformé en un camp de protestation populaire, le refuge des milliers de sahraouis venant de tout  le Sahara Occidental. Ce fut leur appel à l'aide au monde, exigeant le respect de leurs droits humains, sociaux et économiques les plus élémentaires.

gdeim_izik_helicopter_300.jpgIl n’a pas fallu longtemps avant que les autorités marocaines commencent à surveiller la zone. À partir du 12 octobre, des camions armés, des hélicoptères et des véhicules de l'armée ont circulé aux alentours du camp, et ont construit des barrages routiers et des postes de contrôle autour du camp. Des vidéos de la surveillance et des barrages routiers sont disponibles ici et ici.

Pendant que l'armée marocaine prenait des mesures de plus en plus drastiques autour du camp, la situation humanitaire des manifestants sahraouis devenait de plus en plus inquiétante. Plusieurs interventions violentes des forces de sécurité marocaines avaient déjà été signalées quand le 24 octobre, l'armée marocaine a ouvert le feu sur un véhicule qui essayait d'entrer dans le camp avec de l’approvisionnement en nourriture. Najem Elgarhi, un enfant sahraoui de 14 ans est mort sur le coup. Le garçon aurait été enterré en secret par les autorités marocaines, qui n’ont pas permis à la famille du garçon de voir le corps ou d'être présent à l'enterrement. La famille exige toujours que les agents qui ont tiré sur Najem soient jugés.

En dépit de ces affrontements violents occasionnels, les manifestants ont poursuivi le dialogue avec les autorités marocaines. Le 26 octobre, les deux parties ont convenu d’effectuer un recensement des manifestants comme point de départ. Le 6 novembre, des tentes ont été installées près du camp pour commencer le recensement le lundi suivant, le 8 novembre.

Mais les autorités marocaines n’ont pas tenu leur promesse. Le 8 novembre, vers 6h30, du matin, l'armée marocaine a attaqué le camp de Gdeim Izik et l’a détruit par le feu. Les habitants du camp ont rapporté l'utilisation de balles en caoutchouc, de balles réelles, des canons à eau chaude, de gaz lacrymogènes, de matraques et de pierres. Dans la panique, des affrontements entre l'armée et les manifestants ont conduit à des pertes et des blessés des deux côtés. Il n’existe pas de chiffre exact du nombre de victimes, les observateurs indépendants n’ayant pas été autorisés à accéder à la zone.

Alors que l’attaque a forcé les manifestants à quitter le site du camp, des émeutes ont éclaté dans plusieurs villes du Sahara Occidental. Les manifestants ont dirigé leur rage contre les symboles de l'occupation marocaine et du pillage continuel du Sahara Occidental, comme les bâtiments publics, les banques et les camions transportant du poisson. Les Sahraouis ont commencé à barricader les rues avec des parpaings, des pierres et des pneus en feu. Les affrontements avec les forces de sécurité marocaines et les colons ont éclaté. Voir des vidéos de El Aaiun ici, ici et https://www.youtube.com/watch?v=9nSVCovYSwI.

Dans les jours qui ont suivi le démantèlement violent, le Maroc n'a pas permis aux médias, aux observateurs étrangers ni même à la force de paix de l'ONU pour le Sahara Occidental, la MINURSO, de s’approcher du camp. Dans les semaines qui ont précédé la destruction du 8 novembre, le Maroc avait déjà refusé l’accès du camp à des politiciens étrangers, des ONG et des médias, créant un total black-out de l’information.

Pendant et après la violence du 8 novembre 2010, les forces de sécurité marocaines ont procédé à l'arrestation des centaines de Sahraouis en relation avec les événements. La plupart des détentions ont duré plus de 48 heures - temps maximum de détention sans inculpation, selon le code pénal marocain. Les Sahraouis arrêtés ont été remis en liberté provisoire progressivement, souvent après avoir passé des mois en prison sans qu'aucune charge officielle ne soit retenue contre eux. Un groupe de 25 hommes est resté en prison néanmoins. Ils ont été transférés à Rabat pour une investigation par un tribunal militaire.



    


EN ES FR DE AR


Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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Les principaux militants du Sahara occidental sont condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion à perpétuité suite à une manifestation populaire de 2010, le camp de protestation Gdeim Izik, qui dénonçait la marginalisation sociale et économique du peuple sahraoui dans leur terre occupée.
Rapport. L'énergie verte marocaine utilisée pour piller le Sahara

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Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.

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