Thyssenkrupp poursuivra-t-il ses activités au Sahara Occidental ?
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Le géant allemand de l'ingénierie industrielle reste évasif s'il va ou non se tenir à distance des futurs projets au Sahara Occidental occupé.

Publié 17. March 21

Western Sahara Resource Watch (WSRW) a demandé à Thyssenkrupp lors de son assemblée générale annuelle du 5 février 2021 et dans des courriers ultérieurs, de clarifier et de s’expliquer sur son implication antérieure et future au Sahara Occidental.

Bien que questionné sur ses activités antérieures sur le territoire, Thyssenkrupp ne se demande pas s'il s'abstiendra, pour des raisons politiques, de s'impliquer à nouveau. Le dernier courrier de WSRW, du 7 mars 2021, n'a pas encore reçu de réponse. L’approche de la société semble être qu’« il n’y avait pas à l’époque d’embargos ou d’autres restrictions européennes à l’exportation et à des livraisons dans la région du Sahara Occidental, et il n’y en a toujours pas ».

Il est préoccupant qu’une entreprise qui prétend prendre très au sérieux sa responsabilité en matière de droits de l’homme ne se tienne pas formellement à distance de toute activité commerciale dans un territoire qui fait l’objet d’une occupation illégale et où la puissance occupante écrase tout appel à l’autodétermination par de graves violations des droits humains », déclare Tim Sauer de WSRW.

« Il y a à peine deux semaines, Freedom House's a publié son rapport annuel 2021 sur l'état des droits civils et politiques dans le monde, classant le Sahara Occidental aux côtés de la Syrie et de la Corée du Nord. Il est facile pour une entreprise de déclarer qu'elle ne s'impliquera pas sur un tel territoire tant que la situation n'a pas été résolue conformément au droit international. Nous demandons à Thyssenkrupp de le faire », a déclaré Tim Sauer.

Thyssenkrupp a un antécédent de contribution à l’exploitation de la mine de phosphate par le gouvernement marocain au Sahara Occidental occupé. Voici la jetée dans l'océan Atlantique vue de l'extrémité extérieure, vers la terre.

Thyssenkrupp n’opère actuellement aucun projet dans la dernière colonie d’Afrique et déclare qu’elle n’en a aucun. Mais l'entreprise a auparavant été connectée à plusieurs projets dans le territoire occupé.

En 2016, Thyssenkrupp a repris un contrat pour les travaux de construction de la cimenterie CIMSUD / HeidelbergCement à El Aaiun, la capitale du Sahara Occidental occupé. Aujourd'hui, Thyssenkrupp transfère toute responsabilité du projet sur son client privé (Groupe Anouar Invest). Thyssenkrupp a expliqué lors de son AG avoir conçu et fourni une cimenterie et une usine de conditionnement, mis en service en 2019, mais a ajouté que « la construction de l'usine était à la charge du client ».

En 2019, les services de recherche du Bundestag allemand ont conclu que le Maroc mène une politique de colonisation au Sahara Occidental, justifiant une violation de la Convention de Genève et, à ce titre, un crime de guerre. Les travaux de construction sont un élément crucial d'une telle politique d'implantation. Interrogé à ce sujet, Thyssenkrupp a rétorqué : « C'est aussi une question qui concerne le propriétaire de l'usine ».

La société a également approvisionné la mine de phosphate de Bou Craa sur le territoire, mine illégalement exploitée par l’OCP, la société nationale marocaine de phosphate. Comme communiqué à WSRW le 22 février 2021, « Thyssenkrupp Mining Technologies a remis à neuf trois gerbeurs et deux récupérateurs sur le parc de stockage de phosphate du site de Bou Craa, ce qui impliquait une inspection et l'ingénierie, la fourniture et la construction de composants à remplacer pour prolonger la durée de vie des machines de l'exploitation. » La société a ajouté qu'il n'y avait pas d'autres activités et projets en cours concernant le site de Bou Craa.

Lisez la transcription de WSRW (traduite en anglais) des déclarations du conseil d'administration de Thyssenkrupp lors de l'Assemblée Générale annuelle de l'entreprise le 5 février 2021, en réponses aux questions du Dachverband der kritischen Aktionärinnen und Aktionäre concernant l'implication de l'entreprise au Sahara Occidental.

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