San Leon avant de forer : le Sahara Occidental fait partie du Maroc
Article image
La Compagnie pétrolière irlando- britannique San Leon Energy a déclaré aux médias irlandais aujourd'hui que le forage du mois prochain est situé dans les "Provinces du sud du Maroc". Un seul gouvernement au monde appelle le territoire occupé de cette façon : le Maroc. Les juristes irlandais mettent en garde sur des mesures juridiques.
Publié 14 juillet 2015


San Leon Energy a déclaré aujourd'hui à l’Irish Independent, que son partenariat avec le Maroc sera au bénéfice du Maroc et de la solution du conflit. Une terminologie remarquablement politique. Cela semble être en désaccord avec les investisseurs qui affirment que cette industrie pétrolière torpille le processus de paix de l'ONU par son soutien à l'occupation marocaine illégale.

The Independent cite San Leon :
"Les activités de San Leon sont en accord avec nos obligations en droit international et travaille au mieux-être de toutes les personnes des provinces du sud du Maroc. [..] Nos opérations dans les provinces du Sud sont en ligne avec les règles éthiques fondamentales, et les actions pour les empêcher ne sont pas seulement erronées mais travaillent à l'encontre des intérêts de la population locale et contre la résolution finale du conflit. [..] Le puits que nous allons maintenant forer va déterminer s’il y a des ressources d'hydrocarbures en quantités commerciales dans la région. [..] S’opposer à nos opérations ici, comme certains le font, sur la base de ce qu’elles peuvent servir les intérêts du gouvernement du Maroc revient à opposer à la construction de routes, car les tanks peuvent rouler dessus – mais le peuvent aussi les autobus scolaires, les transports de marchandises, et les ambulances ».

San Leon (précédemment appelé Island Oil and Gas) tient ainsi la même position que Kosmos Energy et Total, qu'il n’est pas nécessaire de prendre en compte la volonté du peuple du territoire. Aucune des compagnies n’a sollicité le consentement du peuple du Sahara Occidental. Les contrats sont signés avec le gouvernement du Maroc, qui refuse que le territoire soit un territoire non autonome. L'ONU a conclu que toute exploration pétrolière au Sahara Occidental doit être en conformité avec les souhaits et les intérêts du peuple du Sahara Occidental. San Leon a toujours évité d'utiliser les mots de « Sahara Occidental » dans les rapports et présentations de l'entreprise.

Selon Irish Independent, l'organisation irlandaise de juristes le Global Legal Action Network (GLAN), a informé d’une action en justice contre les projets de la compagnie.

"Le droit d'un peuple de choisir comment ou même si il souhaite utiliser ses ressources naturelles est l'une des pierres angulaires des droits humains internationaux", a déclaré le GLAN.

San Leon Energy, à la connaissance de WSRW, n’a jamais répondu aux lettres de préoccupation de la société civile. Une seule fois la compagnie a répondu aux médias au cours de la controverse. Dans une interview avec la chaîne de télévision irlandaise RTE en 2011, un représentant de la compagnie a déclaré qu'elle n'a pas besoin de prêter attention aux Sahraouis, puisqu’ « ils ne sont pas représentatifs ».

Actualités

Les USA lorgnent sur les minéraux du Sahara occidental occupé

Soucieux de se positionner comme un fournisseur clé de minéraux stratégiques pour les puissances occidentales, le Maroc a signé un nouvel accord avec les États-Unis portant sur les eaux du Sahara Occidental et les minéraux critiques qu'elles recèlent.

13 février 2026

TAQA-Moeve acquiert des terres au Sahara Occidental occupé

Le développement de l'hydrogène vert au Maroc franchit une étape décisive, sur un territoire dont il n'est pas propriétaire.

12 février 2026

Déclaration UE-Maroc : autonomie sans autodétermination, droit sans légalité

Une déclaration conjointe issue du Conseil d’association UE-Maroc de la semaine dernière invite les lecteurs à croire à une fiction : qu’un plan d’autonomie indéfini, imposé par une puissance occupante, puisse satisfaire au droit à l’autodétermination, et que le respect du droit international puisse coexister avec le mépris systématique de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

02 février 2026

Groenland : oui, Sahara Occidental : non ? Le test de l'autodétermination de l'UE

Alors que l'Union Européenne se rallie à juste titre au droit des Groenlandais à décider de leur propre avenir face aux pressions extérieures, un test de son véritable engagement en faveur de l'autodétermination se déroule discrètement à Bruxelles.

22 janvier 2026