Expulsion: la vice-présidente du Parlement africain refusée à la COP22
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La vice-présidente du Parlement Panafricain, Suelma Beirouk, devait assister à la Cop 22, mais elle est actuellement retenue par la police marocaine. Le Maroc occupe sa patrie, le Sahara Occidental - et y construit illégalement des éoliennes.

Publié 09 novembre 2016

Depuis 40 ans, le Maroc occupe l'ancienne colonie espagnole du Sahara Occidental. La moitié du peuple du Sahara Occidental a dû fuir lorsque le Maroc a envahi. Suelma Beirouk, une jeune militante pour l'indépendance contre l'Espagne était parmi eux.

Suelma Beirouk est aujourd'hui vice-présidente du Parlement panafricain. À ce titre, elle a siégé au comité préparatoire de la COP21.

Selon les informations reçues par WSRW, Suelma Beiruk a été arrêtée la nuit du 6 novembre par la police marocaine alors qu'elle s'apprêtait à quitter l'aéroport de Marrakech et se rendre en centre-ville, où est accueillie la COP22. Elle devait y assister en tant que représentante de l'Union africaine.

"Un homme a couru après elle et lui a demandé de revenir", a rapporté un parent à WSRW. "Ils lui ont demandé d'attendre à l'aéroport".

Suelma Beirouk est depuis le 6 à l'aéroport. Elle a apparemment alerté l'Union africaine, qui est dit s’inquiéter de l'affaire. Le Maroc est le seul pays d'Afrique qui n'est pas membre de cette Union.

Pour WSRW, les raisons données pour l'empêcher de quitter l'aéroport ne sont pas claires.

MISE À JOUR, 7 novembre 2016, 14h12, Mme Beirouk a communiqué à WSRW qu'elle avait été informée par la police aéroportuaire marocaine qu'elle n'était pas autorisée à se rendre à Marrakech. "Les Marocains ne m'ont pas autorisée à entrer à Marrakech"

MISE À JOUR, 18:34: La fille de Suelma Beirouk est interviewée par Radio France International. Suelma Beirouk avait tous les documents utiles pour assister à la Cop22 et représentait le Parlement africain. On lui a ordonné de prendre un vol pour Oran en Algérie.

MISE À JOUR, 21:15: La vice-président de l'Union africaine est toujours détenu - maintenant à l'aéroport de Casablanca. La dernière communication avec elle a eu lieu un peu après 7pm. On lui avait alors dit qu'elle allait être déportée à Nouakchott en Mauritanie, non plus en Algérie. Le téléphone de Suelma Beirouk était alors éteint.

MISE À JOUR, 22:29. Les informations ne sont pas claires. Suelma Beirouk serait toujours à Casablanca et qu'elle devrait se rendre à Alger le lendemain.

Tout en gardant le territoire sous occupation, en expulsant les agents onusien de maintien de la paix de l'ONU, en refusant au Secrétaire Général de l'ONU d'accéder à la terre et en empêchant le processus d'autodétermination au Sahara Occidental, le Maroc construit des infrastructures d'énergies renouvelables sur le territoire occupé.

Cette infrastructure est utilisée par une entreprise publique pour exploiter des réserves minérales qui s’appauvrissent, comme détaillé dans un rapport WSRW publié le 2 novembre. Le Maroc utilise la prétendue énergie «durable» pour cimenter l'occupation elle-même.

Le Maroc n'a pas cherché à obtenir le consentement du peuple de cette terre pour mener à bien de tels projets - une situation au sujet de laquelle le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a exprimé ses préoccupations de cette semaine. Ni le Maroc, ni ses deux partenaires dans ce secteur, la compagnie allemande Siemens ou la compagnie italienne Enel n'ont fait d’effort pour écouter l'opinion des Sahraouis. Nareva, la compagnie du roi marocain, ne répond pas aux questions sur les droits de l'homme publiée la semaine dernière dans une étude de Business and Human Rights.

Hier, des centaines de Sahraouis ont manifesté contre le Maroc, Siemens et Enel.

 

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